23ème Tour de France Moulton

A nouveau, cette année, la petite pluie matinale d’avant le lever du soleil s’est arrêtée à temps. Il est 5 heures, Roissy s’éveille, mais les avions ne décolleront pas sur Goussainville. Vive la tranquillité. Françoise prépare des petits-déjeuners anglais pendant que je sors quelques Moulton pour des invités encore démunis de telles montures. Quelques panneaux indiquant le parking sont installés pour guider les Moultoniens automobilistes dans la cour de l’agricultrice nous ayant donné son autorisation. La surprise de cette année en matière de cycle avait été préparée in extremis la semaine passée. Il s’agit d’un prototype tout terrain ou plus précisément de tout cross. A partir d’un cadre de TSR 9 V-Brake, j’ai adapté des roues à bâton de BMX. Gros travail, car les BMX n’ont pas de vitesses, donc il a fallu que je modifie la roue arrière en retirant l’axe, les roulements et le filetage de la roue-libre. Ensuite j’ai coupé le bord du moyeu afin de donner de l’espace pour placer une roue-libre de 6 vitesses puis j’ai remonté un axe de VTT qui est plus long. Le restant du montage s’est effectué avec des pièces standards. J’ai baptisé cette Moulton « TSR Bicross » et l’ai présentée sur un piédestal. Elle a rencontré un vif succès et malgré les nombreuses demandes d’achat, elle n’est pas à vendre et ira directement dans le musée.

Notre ami Moultonien de longue date (AM7 des années 80) Jean-Paul Blanc est arrivé très tôt pour installer une vidéo sur les lancements de fusées à Kourou. Jean-Paul était préposé aux poudres d’allumage. Donc, dans le hangar adjacent, il commente son film aux nombreux Moultoniens attentifs.

La foule s’épaissit grâce à de nouveaux Moultoniens clients de cette année, tels Bernard et Alain par exemple. Nous avons aussi la chance d’avoir la compagnie d’Anglais et même d’Australiens. Nous n’avons pas eu de Suisses ni d’Allemands cette fois-ci mais leur promesse de venir l’année prochaine. Donc, c’est en français ou en anglais que l’on entend discuter à propos des Moulton exposées et des voyages effectués avec échanges d’idées et de bons conseils. Nous avons davantage de femmes que l’année dernière mais nous sommes encore loin de la parité. Pourtant les cadres « F » ou « SpaceFrame » des Moulton sont mixtes, qu’on se le dise…

La vidéo se termine, les tasses de café sont vides et les viennoiseries dévorées, aussi il est temps de donner le départ de ce 23ème Tour de France de près de 30 km quand même. Il est onze heures et nous tournons deux fois à droite après la ruelle des Bourdes mais Michel, parti le dernier car il voulait un café bien chaud est allé tout droit. Ne le voyant déjà plus à la sortie du village, j’ai rebroussé chemin à sa recherche. Croyant que nous allions faire notre photo-souvenir sur le parvis de l’église, il nous attendait là. Mais, j’ai prévu de faire cette photo traditionnelle sur les bords aménagés du lac du Thillay. Certes, c’est plus loin, et Jean-Jacques, pourtant Thillaysien, s’est perdu en voulant prendre un raccourci. Le lac n’a de grandeur que son nom et pourrait s’appeler tout simplement étang, voire mare, donc nous avons retrouvé Jean-Jacques qui avait entraîné Christine. Alors ils ne figurent pas sur la photo panoramique comme Vincent qui était parti à leur recherche. Que d’émotions ! Après cette photo, nous repartons vers le centre ville et admirons la fresque murale de la place principale pendant que quelques uns d’entre nous se ravitaillent chez Rosa, la fameuse boulangère. Nous quittons Le Thillay pour Gonesse par la piste cyclable en site propre ou presque. Il est déjà midi passé lorsque nous sommes à Gonesse et empruntons une belle piste cyclable qui enjambe la voie de chemin de fer RER Eurostar, Thalys et autres Corail. Nous voici maintenant sur une nouvelle piste construite l’année dernière. Nous sommes en pleine nature alors que nous traversons des villes à forte population comme Gonesse et Villiers-le-Bel. A l’extrémité, nous reprenons l’ancienne route et juste à l’entrée de Villiers-le-Bel se trouve le square Maurice Utrillo agrémenté de nombreuses tables et bancs, équipé de 6 barbecues et toujours dans la verdure sans personne.

Le pique-nique. Ah, c’est le grand déballage de mets les plus fins. Traditionnel foie gras plus ou moins truffé, boudin, anguille et autres pâtés. Tiens, il n’y a jamais eu de caviar. Je suis sûr que ça arrivera. En tout cas cette fois-ci il y a eu un plat chaud. Effectivement, je n’allais pas laisser les barbecues froids. J’avais prévu de faire cuire des chipolatas. Au départ, j’avais chargé  la remorque de Jean-Yves, de charbon de bois, tel un tender de locomotive. Chacun a eu sa bouchée de chipolatas bien chaude et c’était apprécié du fait que le fond de l’air était frais. Quant aux boissons, les bouteilles de bon vin, notamment de Loupiac vieilli, sont plus nombreuses que les participants. Comme cela, point d’oubliés. Les desserts sont également très variés, allant de fruits, de gâteaux orientaux jusqu’au fameux cake maison de Dominique. On pouvait en reprendre. Mais il est déjà trois heures moins le quart et nous avons rendez-vous à trois kilomètres de là, après les dix de ce matin, et devons y être dès trois heures et quart.

La visite aura lieu de l’autre côté de Villiers-le-Bel que nous traversons sans encombre et surtout sans voiture car, en plus de quelques pistes cyclables, nous traversons un grand bosquet sur une piste goudronnée. Insolite pour cette grande ville. Ainsi, à l’heure prévue, Monsieur Châfi Aly nous attend au seuil de son entreprise « safrance » (www.safrance.fr) producteur de safran et de produits safranés… Etait prévue une visite commentée autour d’un parterre de safrans en fleur mais les bulbes ne fleurissent en octobre que s’il fait très frais, mais hélas ou heureusement il faisait doux ces derniers jours. Donc c’est autour d’un parterre paré de terre et rien d’autre, semblable à une tombe que nous nous réunissons. De profundis nous nous extasions … sur rien mais nous nous délectons de la conférence de Monsieur Châfi. Il nous explique qu’il faut 150.000 fleurs pour faire un kilo de safran (pistils séchés). On comprend mieux le prix élevé de ce produit pouvant atteindre 30.000 Euros le kilo c’est-à-dire plus cher encore que la plus chère des Moulton. C’est ainsi que Damane peut justifier le prix de son repas à Auvers sur Oise composé d’une fameuse omelette au safran. Enfin elle était bonne puisqu’on s’en est délecté par son récit. Pendant ce temps, Monsieur Châfi creusait, non pas sa tombe, mais ce rectangle afin d’y déterrer un bulbe pour nous montrer sa croissance. Ce fut un dur labeur et nous avons admiré un bulbe comme un autre, avec son bourgeon. Mais sa franchise nous a laissé croire à une floraison future.

Après cette longue conférence, notre hôte nous a servi un thé, au safran bien sûr, avec pain d’épice également au safran et a su nous diriger vers sa boutique proposant de nombreux produits alimentaires à base de ce crocus sativus. Il s’agit essentiellement de pains d’épice, de nougats, de bières et autres boissons mais pas encore de Loupiac au safran. A voir, ou plutôt à goûter. Après ces agapes, nous reprenons nos montures. Certains nous quittent déjà pour rejoindre la gare de Villiers-le-Bel mais la plupart vont attaquer la côte d’Ecouen. Nous retraversons la N16 et en direction du Plessis-Gassot, nous attaquons une autre côte surnommée la côte des ordures car elle traverse une déchetterie. Il faut, soit pousser la machine, soit démultiplier la mécanique pour ceux qui possèdent de nombreuses vitesses. Si vous équipez votre Moulton TSR 27 Dualdrive d’un triple plateau plutôt qu’un mono plateau comme à l’origine vous obtiendrez 81 vitesses vous assurant, ainsi, de passer partout mais vous aurez trois manettes au guidon à commander et une table de logarithmes pour vous y retrouver.

Traversant le minuscule village du Plessis-Gassot, les Moultoniens doivent négocier un savant virage à droite tout en évitant une grille d’égout puis viser entre deux coussins berlinois pratiquement accolés ce qui fait une longue rainure pouvant faire perdre l’équilibre. Enfin tous ont réussi.

Nous prenons maintenant la piste cyclable de la D 10 jusqu’aux limites de Fontenay-en-Parisis et un petit panneau nous indique Goussainville par une autre piste en site propre, nettoyée récemment par la DDE. Une dernière photo prise au soleil presque couchant et au rond-point suivant, d’autres Moultoniens nous quittent pour la gare de Goussainville. Les derniers survivants me suivent jusqu’au village et reprennent leur véhicule après avoir admiré encore une fois cette fabuleuse Moulton TSR Bicross et s’être salués chaleureusement en se donnant rendez-vous le dimanche 4 octobre 2015.

A bientôt donc !

Philippe VIELLIARD

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :