25ème Tour de France Moulton

Dimanche 2 octobre 2016 étant le premier dimanche du mois d’octobre, les Moultoniens savent bien que c’est le jour du fameux Tour de France Moulton. Dès 9 heures les premiers participants arrivent. Ceux qui viennent en voiture et stationnent devant la grande ferme ont été surpris de voir des autocars en place mais ce n’était pas des autocars Moulton. Nous en parlerons plus tard. La cour est déjà garnie de quelques unes de mes machines mises à disposition pour de futurs Moultoniens ou simplement pour le conjoint d’un Moultonien non encore équipé.

Le petit-déjeuner à l’anglaise est prêt à être dégusté et les amateurs sont nombreux. Entre deux muffins et une tasse de thé, les convives peuvent admirer l’exposition de mes Moulton utilitaires et utilisées depuis 1968. En premier lieu, on pouvait voir la Moulton Deluxe qui m’a servi à me rendre au travail aux Champs-Elysées pendant 7 ans en la garant le long du trottoir sans antivol. J’avais fait avec elle un voyage de Paris à Madrid et retour. 15 ans plus tard, je la remplaçais, tout en la conservant, par une nouvelle Moulton AM2. En 2004 c’est une Moulton Bridgestone qui prend la relève et que je vais remplacer par celle que je présente ici, jusqu’en 2031 : La Moulton TSR9 U (U pour Utilitaire ou Utilitary pour rester Anglais). Afin de respecter, depuis 1983 la tradition des paniers en osier d’Alex, je les fais faire dans le Cotentin avec les roseaux des marais du Bessin et du Cotentin. L’avantage de les commander sur mesure, c’est qu’ils peuvent être adaptés à tous modèles de porte-bagages. Aussi pour l’avant, alors qu’il ne s’agit plus d’une plate-forme mais de supports latéraux, j’ai dessiné des paniers verticaux du plus bel effet.

Ensuite je fais une petite intervention, puisque la journée concernera les bus, sur l’autocar Moulton C23F de 1970. Ce car à 8 roues, modulable en longueur suivant les utilisations, a roulé à cette époque pour essais avec votre serviteur à bord. Nous roulions à 100 miles à l’heure, c’est vous dire les performances, la tenue de route et le confort que pouvait procurer cet autocar révolutionnaire.

A 10h30 nous partons pour la photo-souvenir devant la grille du château de Goussainville. Et c’est au Thillay que nous faisons notre première halte pour appréhender la piste cyclable qui nous mènera sur le site (propre) du BHNS (pour Bus à Haut Niveau de Service). Son trajet fait 9,8 km du RER D Villiers-le-Bel jusqu’au RER B Villepinte parc des expositions. En fait ce bus n’offrira pas de haut niveau de service à bord comme dans les avions mais un service rapide (près de 20 km/h de moyenne) sur route dédiée à lui seul et ouverte en permanence grâce à un système de feux tricolores pour les voitures et de feux du type tramway (un losange qui clignote pour indiquer au chauffeur qu’il a bien été reconnu par le feu, puis un point d’exclamation clignotant trois fois pour déclencher le feu rouge des voitures). Ainsi, le bus ne s’arrête jamais, tout au plus il doit ralentir s’il arrive trop vite aux croisements.

Donc, nous avons eu la dernière autorisation d’emprunter sa piste d’un revêtement irréprochable, soulageant les suspensions de nos chères Moulton. Heureusement que les travaux avaient pris d’importants retards puisqu’ils auraient dû se terminer en avril dernier, puis repoussés jusqu’à fin septembre et finalement mis en service le 14 octobre dernier.

C’est en toute tranquillité que nous pédalons jusqu’à Gonesse où se déroule en même temps les « Foulées Gonessiennes » interdisant toute circulation automobile dans le secteur. Nous bénéficions alors de chaussées moultoniennes pour le plus grand bonheur des participants. En passant sous l’arc de triomphe gonflable comme des vainqueurs, nous continuons sur la route fermée. Nous franchissons la ligne du RER D sur un pont avec piste cyclable, ce qui n’est pas courant. Dans Villiers-le-Bel, c’est dans un nouveau parc que nous décidons de pique-niquer. Il possède une très grande table en mosaïque sur laquelle je m’empresse de mettre la nappe de Kourou. Les sacoches se vident pour remplir nos estomacs. Etant un peu à court de gobelets, on improvise en découpant des bouteilles en plastique ou en utilisant nos bidons pour le vin. Il restera une bonne odeur d’alcool au fond de nos bidons pour nos prochaines randonnées. Le Loupiac va toujours aussi bien avec le foie gras. Après de multiples échanges de nourriture et de conversation, nous enfourchons nos machines vers les fins fonds de la ville à travers de petits chemins qui surprennent nos hôtes. En effet, malgré la densité urbaine, j’avais découvert encore un peu de verdure pour se dépayser. Nous arrivons avant l’heure, une fois n’est pas coutume, devant le hangar, type aviation, de l’association JPGF (Jeunesse Préhistorique et Géologique de France). Et c’est avec un guide féru qui est Monsieur Christian Garcia que nous découvrons des poteries gallo-romaines, des charrettes, des outils agricoles et une magnifique roulotte de berger. Le berger, à cette époque, partait jusqu’à quatre mois avec ses moutons. Aussi il devait pouvoir y dormir et y manger avec un peu de confort. Sous son plancher il y a même deux niches pour ses chiens. Nous avons eu droit à une démonstration de fabrication de farine à partir d’une meule à main des plus originales.

La conférence nous ayant bien instruits grâce à l’autorisation de visite de monsieur Rémy Guadagnin, nous rebroussons chemin non sans admirer un peu plus loin un puits gallo-romain. Nous pédalons vivement vers Gonesse pour reprendre la piste du bus BHNS qui sera baptisé 20. A la hauteur de Goussainville nous  applaudissons Bernard qui décide de nous quitter, guidé par Christophe. Ainsi nous allons jusqu’au terminus de Villepinte où nous faisons demi-tour en saluant Michel qui profitera du RER B pour rentrer en direct chez lui. Sur le chemin du retour, toujours seuls sur la piste, nous admirons un magnifique panorama sur Paris qui sera caché dans quelques années par EuropaCity, s’il se réalise.

A la Patte d’Oie de Gonesse, Vincent décide de côtoyer Massimo pour admirer ou comparer sa Moulton Dinox et sa Moulton TéSoR plaquée or. Que de brillance même avec une quarantaine d’années de différence (pour les Moulton).

L’arrivée au bercail se fait en traversant à nouveau Le Thillay et à 18h pile nous sommes arrivés à Goussainville au point de départ après ce Tour de France qui semble avoir été un Tour du Monde.

Les Moulton prêtées retournent immédiatement dans leur musée sans avoir besoin même d’être nettoyées car, une fois encore, il n’a pas plu et on s’en est réjoui.

Elles vous disent à l’année prochaine, le 1er dimanche d’octobre qui sera le 1er octobre 2017.

J’en profite pour vous souhaiter une bonne année de Moultonage.

Toutes mes Moultonités, comme dirait Gaëtan.

Philippe VIELLIARD


Photos détails Moulton:

Publicités

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :